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Le 28 octobre prochain se tiendra à Marseille la prochaine édition des TEDx, les célèbres conférences tenues dans le monde entier et reconnues pour leurs orateurs hors pairs. L’occasion pour nous, de revenir sur leurs techniques pour parler en public, l’émouvoir, le faire rêver ou réfléchir.

Parler de grandes vérités universelles pour mieux parler de soi

Etre à l’écoute est considéré comme une qualité. Les gens sont inévitablement attirés par les personnes qui les comprennent et qui les font parler d’elles-même.

Pour transmettre un message, il faut donc connaître avant tout les personnes qui vous écoutent puis le connecter à une vérité les concernant, qui fasse écho à leurs problèmes ou leur vie. Particulièrement utilisé pour les sujets scientifiques, cela permet de vulgariser une théorie compliquée en la comparant à une situation du quotidien.

 

Utiliser l’absurde pour marquer les esprits

Par définition, les idées véhiculées dans les conférences de TED talks vont à contre courant du sens commun. Elles sont nouvelles et interpellent, alors pourquoi ne pas renforcer le côté singulier de l’idée en utilisant deux concepts qui n’ont rien à faire ensemble ?

Parmi les interventions TED, on peut retrouver des sujets tels que : “Le pouvoir de la vulnérabilité”, “Ce qu’il y a de sexy dans les maths” ou encore “Pourquoi l’école fait des enfants moins intelligents”.

A première vue, rien n’est sexy dans les maths, la vulnérabilité est une faiblesse et l’école rend intelligent. Mais ces individus vous affirment le contraire avec un tel aplomb que l’on se retrouve obligé d’y être intéressé.

 

Des questions, encore des questions, toujours des questions

Les questions sont toujours recommandées dans un discours.

Positionnées au début, elles annoncent la suite et permettent surtout de capter l’attention du public. On l’interpelle et on lui demande de réfléchir par des questions du type “Et si, [insérez ici une théorie folle] ?”, ou “Saviez-vous que [insérez ici un chiffre exorbitant] d’habitants dans le monde ne peuvent pas [insérez ici quelque chose que l’on fait tous les jours] » ?

Dawn Maslar, une “experte en science de l’amour” commence directement par une suite de questions simples et pourtant auxquelles nous n’avons pas de réponse : “Comment votre cerveau tombe-t-il amoureux ? Est-ce quelque chose de magique qu’il se passe ou quelque-chose de biologique qui nous fait tomber amoureux ? C’était ma question.”  Cette dernière phrase précise outre le fait qu’elle se soit posé ces questions, qu’elle y a trouvé des réponses et va nous les révéler.

Les questions de fin servent quant à elles, à provoque une réflexion. Si le discours s’arrête, la théorie avancée par son auteur doit perdurer. On retrouve alors des phrases interrogatives du type “Et vous, qu’auriez-vous fait ?” ou “Et vous, que voulez-vous vraiment?” etc.

 

Le storytelling, ou LE point commun de toutes les conférences

Le storytelling peut être utilisé de deux manières : l’une pour crédibiliser l’auteur, le rendre plus “humain” et proche de son public, et l’autre pour rendre mémorable sa théorie.

Jon Ronson, journaliste à “The Guardian” et pour la BBC, a usé à bon escient du storytelling dans sa conférence pour présenter les grandes lignes de son ouvrage “Etes-vous psychopathe ?”.

Son discours commence par une anecdote, puis nous embarque dans une histoire folle: Alors qu’il se trouve chez une amie, il feuillette un ouvrage répertoriant tous les différents troubles mentaux. Découvrant qu’il n’en possède pas moins de douze, il s’intéresse au sujet et part à la rencontre de psychopathes diagnostiqués.

Tout le long de son histoire, il tourne en ridicule le fait de confiner les gens dans des cases trop rapidement et amène le public à se faire sa réflexion. Ainsi, son discours devient beaucoup plus mémorable que s’il avait utilisé des statistiques en masse. Le public s’attache presque aux personnages et pourra plus facilement raconter à son entourage l’aventure rocambolesque d’une personne ayant été diagnostiquée psychopathe que de ressortir les chiffres d’un diagramme.

 

Des preuves en chiffre

Si la partie storytelling sert à rendre son discours mémorable, les chiffres permettent quant à eux, de fournir des preuves indiscutables – ou presque -. A condition bien sûr, qu’ils soient compréhensibles peu nombreux. Donc ils peuvent tout de même apparaître mais dans une certaine mesure.

 

Des personnes pourraient être contre l’idée ? Citez-les

Englober tout le monde dans le discours, même des personnes qui pourraient être contre, de par leur vécu ou leurs croyances montre que vous savez à qui vous parlez, de quoi vous parlez et prouve aux plus réticents qu’ils peuvent être d’accord.

Steven Pinker, psychologue, parle d’un sujet tabou qu’est le mythe de la violence, tout en prenant des pincettes : “Le titre original de cette session est “tout ce que vous savez est faux”. Je vais vous montrer des preuves que cette partie de la connaissance commune est erronée; que nos ancêtres étaient beaucoup plus violents que nous le sommes, que la violence est en baisse depuis très longtemps, et que nous vivons durant ce qui est probablement la période la plus paisible de l’existence de notre espèce. Dans la décennie qui a vu le Darfour et l’Iraq, cette idée peut paraître entre hallucinante et obscène. Mais je vais essayer de vous convaincre que cette idée est la vérité.

C’est un fameux “je vous comprends” en plus subtil.

 

Perfectionner sa manière de s’exprimer

Si les points cités plus hauts constituent des trucs et astuces pour peaufiner son discours,  la façon dont celui-ci est débité constitue le socle d’une bonne présentation. Julian Treasure, écrivain et maître dans l’art de s’exprimer, décrit (toujours dans une conférence TED) l’attitude et la manière de parler d’un orateur pour produire une intervention parfaite. Nous allons nous intéresser aux 6 caractéristiques de l’expression sur lesquelles tout le monde peut travailler :

  • Le registre : en parlant avec la poitrine, on arrive à obtenir une voix plus grave et ainsi plus rassurante.
  • Le timbre : selon certaines études, on préférerait écouter des timbres de voix riches et douces “comme du chocolat chaud”, dit-il.
  • La prosodie : mettre l’intonation au bon endroit, pour éviter un discours monotone.
  • Le rythme : ne pas avoir peur de parler lentement en marquant les points importants avec des silences.
  • La hauteur de la voix : adapter la hauteur de sa voix (aigue / grave) selon ce que l’on veut exprimer
  • Le volume : adapter le volume de a voix selon ce que l’on veut provoquer (parler très bas pour attirer l’attention ou très fort pour traduire de l’excitation etc.)

 

 

Ces techniques sont bien entendu des idées, non une formule magique. Comme l’a déclaré Chris Anderson, le fondateur des conférences TED dans son guide pour parler en public, “Toute tentative d’appliquer une formule toute faite a de bonnes chances de vous exploser à la figure. Le public s’en apercevra et se sentira en un instant, manipulé.” Il ne s’agit donc pas d’absorber ces techniques au point de s’oublier car un discours incarné par une personne forte, reste le meilleur des discours possible.

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